LienRag a publié une critique de Commissaire Kouamé, tome 2 par Marguerite Abouet
Second tome meilleur que le premier
4 étoiles
J'ai bien plus aimé que le premier...
Très bon panorama d'un certain nombre de problématiques ivoiriennes (en général, pas d'allusions aux changements politico-militaires récents) réelles, égrénées au fil d'une enquête pas si mal construite, avec des personnages mi-réalistes mi-loufoques et toujours picaresques.
Surtout, le premier tome m'avait mis très mal à l'aise avec ce qui semblait une justification de la torture. Dans le deuxième, Abouet gère beaucoup mieux la question, en n'ayant aucune fausse sensiblerie quand au fait qu'elle est systématiquement pratiquée par la police ivoirienne et que donc son héros ne saurait faire autrement; mais, si vers la fin ce sont bien des méchants qui sont torturés, en commençant par montrer - ou au moins en montrer la menace - la torture sur des innocents, le lecteur est placé face à ses responsabilités sur cette question, au lieu d'être guidé vers une complaisance avec l'horreur comme cela pouvait être …
J'ai bien plus aimé que le premier...
Très bon panorama d'un certain nombre de problématiques ivoiriennes (en général, pas d'allusions aux changements politico-militaires récents) réelles, égrénées au fil d'une enquête pas si mal construite, avec des personnages mi-réalistes mi-loufoques et toujours picaresques.
Surtout, le premier tome m'avait mis très mal à l'aise avec ce qui semblait une justification de la torture. Dans le deuxième, Abouet gère beaucoup mieux la question, en n'ayant aucune fausse sensiblerie quand au fait qu'elle est systématiquement pratiquée par la police ivoirienne et que donc son héros ne saurait faire autrement; mais, si vers la fin ce sont bien des méchants qui sont torturés, en commençant par montrer - ou au moins en montrer la menace - la torture sur des innocents, le lecteur est placé face à ses responsabilités sur cette question, au lieu d'être guidé vers une complaisance avec l'horreur comme cela pouvait être le cas dans le premier tome.
Le fait que ce n'est d'ailleurs pas vraiment la torture qui fait avancer l'enquête (quoiqu'elle produise aussi quelques résultats) aide aussi à éviter le manichéisme, la BD présentant la complexité de la situation bien plus qu'elle ne force les jugements moraux.