Docalabordage a publié une critique de Morgane Pendragon par Jean-Laurent Del Socorro
Une réécriture de la légende arthurienne
4 étoiles
Les réécritures de la légende arthuriennes sont nombreuses, voir un genre en soi, à tel point qu'il est difficile d'en discerner le canon. Chaque époque utilise la matière de Bretagne pour y faire vivre des histoires qui résonnent avec ses préoccupations. Et c'est aussi légitime pour Chrétien de Troyes au XIVe que pour Jean-Laurent Del Socorro, qui nous livre ici une version à faire s'étouffer l'ensemble des éditorialistes de Cnews. Et nous pouvons l'en remercier. Que vous soyez fin connaisseur de la geste arthurienne, ou que vous n'en connaissiez que l'essentiel au travers de ce qui vous est parvenu par la culture populaire, vous prendrez plaisir à cette redécouverte. Car tous les personnages y sont, mais parfois à contre emploi, ce qui rend la lecture palpitante. Dans cette version, certes Morgane devient reine, mais elle combat, comme d'autres femmes présentes dans ces légendes : Guenièvre ou Iseult par exemple, ne …
Les réécritures de la légende arthuriennes sont nombreuses, voir un genre en soi, à tel point qu'il est difficile d'en discerner le canon. Chaque époque utilise la matière de Bretagne pour y faire vivre des histoires qui résonnent avec ses préoccupations. Et c'est aussi légitime pour Chrétien de Troyes au XIVe que pour Jean-Laurent Del Socorro, qui nous livre ici une version à faire s'étouffer l'ensemble des éditorialistes de Cnews. Et nous pouvons l'en remercier. Que vous soyez fin connaisseur de la geste arthurienne, ou que vous n'en connaissiez que l'essentiel au travers de ce qui vous est parvenu par la culture populaire, vous prendrez plaisir à cette redécouverte. Car tous les personnages y sont, mais parfois à contre emploi, ce qui rend la lecture palpitante. Dans cette version, certes Morgane devient reine, mais elle combat, comme d'autres femmes présentes dans ces légendes : Guenièvre ou Iseult par exemple, ne sont contentent pas d'attendre que des chevaliers se démènent pour elles, elles sont elles-mêmes des chevaliers. ET triomphent d'eux en tournoi. Nous sommes donc au-delà de ce que proposait Marion Zimmer Bradley dans les Dames du Lac. Certains amours et mariages sont homosexuels, sans que ça paraissent étranges ou scandaleux, sauf à la petite minorité chrétienne et fanatique du royaume de Logres. On retrouve donc la thématique de la lutte entre une religion ancienne et la nouvelle religion du dieu unique, comme celle de la lutte pour la survie des créatures féériques, ou de la magie. Mais là encore, sans sentiment de redite. Bref pour moi, un très bon souvenir de lecture, à peine gâchée par une fin que j'ai trouvé rapide. Et manquant d'enjeu.