Antoine Chambert-Loir a terminé la lecture de Sonietchka par Ludmila Oulitskaïa
D'Oulitskaïa, j'avais lu l'an dernier Le corps de l'âme, un recueil asez étrange de nouvelles que je qualifierais volontiers d'intimistes, entre chair et âme. Ce premier roman, Sonietchka était sur ma pile à lire depuis je ne sais quand, c'est le libraire qui, la semaine dernière, m'a rappelé que je lui avais commandé ce livre. La volonté d'éviter les essais m'a conduit à le lire presqu'aussitôt.
Sonia, Sonietchka, est bibliothécaire, du genre qui vit dans les livres. Sa rencontre avec Robert Victorovitch, un peintre plus âgé, va faire infléchir sa vie. C'est l'héroïne de ce court roman, et pourtant, on a l'impression qu'elle en est la lectrice, tant l'action y est réservée aux autres personnages, son mari, leur fille Tania, puis Jasia, une amie de Tania.
On peut en tirer l'impression (qui m'est un peu douloureuse) d'une femme qui est passée à côté de sa propre vie. Ou l'impression opposée que la vie intérieure, les simples activités d'une vie banale, la contemplation engagée dans ce qui nous entoure, ici sa famille, peut atteindre une densité telle que tout désir est comme superflu.