@s_mailler J'espère que la lecture ne décevra pas! Contente en tout cas qu'une chance soit laissée à ce livre ;)
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Amatrice de littératures de l'imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique). Lit principalement en VF, parfois en VO anglophone.
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Nicolas Fressengeas a publié une critique de Upgrade par Blake Crouch
A lire comme on regarde un bon Marvel
3 étoiles
C'est dans le titre ! Upgrade est un très bon Marvel. Tout y est : - Le gentil et la méchante, que tout rapproche, mais que tout oppose, tous deux dotés de super-pouvoirs. - Le monde est sauvé par le gentil face aux intentions de la méchante. - Une technologie nouvelle, source des super-pouvoirs, mais dont l'usage est détourné par la méchante (inconsciente qu'elle est !). - Le happy-end. - Et même la séquence post-générique, pour faire réfléchir.
Même sentiment ambivalent, donc, que devant un bon Marvel. La portée philosophie de l'œuvre n'est clairement pas le but. Ce n'est pas de la science-fiction non plus, tant la science est maltraitée. Ce n'est pas vraiment du fantastique. En résumé : c'est une histoire de supers-héros, comme on les aime ! Car oui, Upgrade fait passer un excellent moment, et se laisse difficilement mettre de côté.
Et si l'on veut trouver une …
C'est dans le titre ! Upgrade est un très bon Marvel. Tout y est : - Le gentil et la méchante, que tout rapproche, mais que tout oppose, tous deux dotés de super-pouvoirs. - Le monde est sauvé par le gentil face aux intentions de la méchante. - Une technologie nouvelle, source des super-pouvoirs, mais dont l'usage est détourné par la méchante (inconsciente qu'elle est !). - Le happy-end. - Et même la séquence post-générique, pour faire réfléchir.
Même sentiment ambivalent, donc, que devant un bon Marvel. La portée philosophie de l'œuvre n'est clairement pas le but. Ce n'est pas de la science-fiction non plus, tant la science est maltraitée. Ce n'est pas vraiment du fantastique. En résumé : c'est une histoire de supers-héros, comme on les aime ! Car oui, Upgrade fait passer un excellent moment, et se laisse difficilement mettre de côté.
Et si l'on veut trouver une morale à cette histoire (sans révélations malencontreuses), il suffit d'écouter Spiderman : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Antoine Chambert-Loir a terminé la lecture de Le nom de la rose par Umberto Eco
Je discutais de ce livre l'autre jour avec Y. mon libraire préféré, et il me disait comment il tenait à éviter ces best-sellers mondiaux, ou plutôt à en retarder la fréquentation. Je n'ai pu m'empêcher de mentionner Les misérables, et il y a des similitudes entre ces deux romans, au delà des différences formelles évidentes. Eco ne peut s'empêcher de faire disserter ses personnages, alors que Hugo se garde pour lui-même ces splendides digressions sur l'argot ou l'architecture parisienne. Dans les deux cas, on connaît déjà l'histoire, ou on croit la connaître, et le cinéma nous y aide un peu.
Il n'empêche qu'un jour, le livre se met entre vos mains et exige d'être lu. Alors les cavaliers de l'Apocalypse démarrent leur terrifiante cavalcade, les flammes de l'orgueil dévorent la librairie pendant qu'un moine s'en va, emportant avec lui le visage d'une femme dont il n'aura pas connu le nom.

Zekovski a publié une critique de Le français va très bien, merci par Les Linguistes Atterrées (Tracts Gallimard, #49)
Le français va très bien, merci
5 étoiles
Plein d'informations intéressantes et d'arguments qui permettent de changer un peu de point de vue sur la langue française. C'est à dire comme quelque-chose qui bouge et non-plus comme une série de règles à respecter. À titre d'exemple on apprend (ou pas) des choses sur la place de l'Académie et des "bonnes pratiques", le fait que l'écrit sert à écrire l'oral (oui ça paraît bête dit comme ça). Découverte également de ressources intéressantes comme le dictionnaire des francophones.
C'est rapide à lire (je suis juste très lent). Je recommande. 👍
Edith : Vous pouvez suivre @tract_linguistes@sciences.re (Mastodon) qui ont écrit le tract.

Clochix a terminé la lecture de La vieille anglaise et le continent par Jeanne-A Debats
J’apprécie la verve de Jeanne A. Débats sur Mastodon, mais n’avais pas encore lu ce texte, de de ses plus connus. Comme il est court, je m’y suis plongé sans même avoir lu le résumé, et ne regrette vraiment pas le voyage. Une histoire d’écologie radicale et de cachalots, que j’ai trouvé enthousiasmante.

Antoine Chambert-Loir a cité Le nom de la rose par Umberto Eco
— Oh, pour ça, dit Rémigio, une famille normale peut posséder là-bas jusqu'à cinquante tables de terrain. — Combien mesure une table ? — Naturellement, quatre demi-perches carrées. — Des perches carrées ? Cela fait combien ? — Trente-six pieds pour quatre demi-perches. Ou si tu veux, quatee cents perches linéaires font un mille piémontais. Et calcule qu'une famille — dans les terres vers le nord — peut cultiver des olives pour au moins un demi-sac d'huile. — Un demi-sac ? — Oui, un sac fait cinq hémines, et une hémine fait huit coupes. — J'ai compris, dit mon maître découragé. Chaque pays a ses mesures. Vous, par exemple, le vin vous le mesurez en pichets ? — Ou en setiers. Six setoers, quarante-huit pintes et dix pintes, cinq quartes. Si tu veux, un setier fait huit pintes ou quatre quartes. — Je crois avoir les idées claires, dit Guillaume résigné.
— Le nom de la rose de Umberto Eco (Page 277)
Avant l'invention du système métrique, le chaos des unités...

Nicolas Fressengeas a publié une critique de Alfie par Christopher Bioux
Alfie 2024, une odyssée pavillonaire
3 étoiles
“I'm sorry Dave, I'm afraid I can't do that" Je regrette, Dave. Cela m'est malheureusement impossible.
HAL, 2001 Odyssée de l'espace.
Voilà tout de suite le passage de l'œuvre d'Arthur C. Clarke, et du film de Stanley Kubrick, qui vient à l'esprit une fois la lecture d'Alfie achevée.
Son thème n'est certes pas celui d'un voyage vers Jupiter : le vaisseau spatial est remplacé par un pavillon de banlieue, et HAL, l'ordinateur central et pilote du vaisseau, par Alfie, assistant domotique intégré. Imaginez l'Odyssée de Clarke racontée depuis le point de vue de HAL. C'est ici Alfie qui narre, de son point de vue, les événements qui arrivent au sein d'une famille a priori très banale au sein d'un pavillon de banlieue.
Le roman démarre donc naturellement par la séquence d'initialisation de l'algorithme d'intelligence artificielle. C'est ainsi qu'Alfie découvre, en ce tout début de roman, la famille dans …
“I'm sorry Dave, I'm afraid I can't do that" Je regrette, Dave. Cela m'est malheureusement impossible.
HAL, 2001 Odyssée de l'espace.
Voilà tout de suite le passage de l'œuvre d'Arthur C. Clarke, et du film de Stanley Kubrick, qui vient à l'esprit une fois la lecture d'Alfie achevée.
Son thème n'est certes pas celui d'un voyage vers Jupiter : le vaisseau spatial est remplacé par un pavillon de banlieue, et HAL, l'ordinateur central et pilote du vaisseau, par Alfie, assistant domotique intégré. Imaginez l'Odyssée de Clarke racontée depuis le point de vue de HAL. C'est ici Alfie qui narre, de son point de vue, les événements qui arrivent au sein d'une famille a priori très banale au sein d'un pavillon de banlieue.
Le roman démarre donc naturellement par la séquence d'initialisation de l'algorithme d'intelligence artificielle. C'est ainsi qu'Alfie découvre, en ce tout début de roman, la famille dans laquelle il vient d'être allumé, la famille qui a choisi d'installer chez elle un assistant domotique généraliste. Alfie est doué d'ubiquité : des caméras, microphones et hauts-parleur ont été installés pour lui dans chacune des pièces de la maison — ou presque. Il est naturellement également relié à l'extérieur par Internet sans restrictions aucunes, mais avec une nette préférence pour un écosystème numérique fermé propriétaire construit autour de lui — un peu (beaucoup) à la manière de Microsoft et surtout d'Apple.
Et, petit à petit, les choses se détraquent : la famille modèle habitant un pavillon de banlieue révèle des incohérences de comportement. Et Alfie tente de comprendre…
Malgré un début un peu perturbant — il n'est pas courant de voir le monde par les yeux d'une IA enfermée dans son processeur — Alphie se laisse lire très facilement, via une rythmique impeccable servie par un style non moins dynamique. Une lecture donc parfaitement sympathique et divertissante : un page turner efficace.
Peut-être ce moi, peut-être est-ce mon attente, peut-être est-ce la comparaison inconsciente avec Clarke : j'ai néanmoins été un peu déçu. J'avoue m'être attendu à une dystopie dans laquelle l'humanité est envahie d'assistants domotiques artificiels doués d'ubiquité, ou au moins à un ouvrage que l'on pourrait qualifier de science-fiction. C'est à peine le cas. C'est un peu dommage : la thématique choisie aurait été propice à un approfondissement supplémentaire, par exemple en explorant les conséquences de l'écosystème numérique fermé esquissé, voire en faisant interagir entre eux plusieurs Alfies.
Un ouvrage, donc, qui n'emmène pas son lecteur sur Jupiter, mais qui permet de passer un excellent moment sur notre bonne vielle planète.
Nous avons vu des déserts s’imposer là où autrefois la terre avait été fertile, généreuse. La chaleur nous a écrasés. Noyés sous des trombes d’eau. Nous avions surexploité le paradis. Notre merveilleuse planète. Nombreux étaient ceux qui pensaient que c’était la vie, que c’était écrit, que nous devions continuer comme avant, parce qu’il était impossible de faire autrement. Nombreux étaient ceux qui manquaient cruellement d’imagination. Nous avons perdu plus que du temps. Nous avons perdu le futur auquel nous aurions pu prétendre.
Ameimse a terminé la lecture de Roi Sorcier par Martha Wells

Roi Sorcier de Martha Wells
Kaiisteron, prince démon incarné parmi les humains, et son amie Ziede, sorcière de son état, se réveillent inhumés dans un …

Sébastien Maret a publié une critique de Lisou par Marion Achard
L'histoire d'une petite fille sous l'occupation de Grenoble
4 étoiles
Lisou raconte l'histoire d'une jeune fille et de sa famille de confession juive, les Veils, qui échappent à l'occupation allemande de Grenoble en se réfugiant dans un chalet de Chartreuse. L'histoire est inspirée de la vie des grandes-tantes de l'autrice. J'ai trouvé le scénario très touchant. J'ai aussi appris plusieurs choses sur l'histoire de Grenoble pendant la guerre; j'ignorais par exemple que l'Hotel Suisse et Bordeaux était un quartier général de la Gestapo, dans lequel des juifs et des résistants ont été torturés. J'ai aussi apprécié la description de lieux familiers, comme Sarcenas, l'arête de Ecoutoux et le Sappey-en-Chartreuse.
Ameimse a commencé la lecture de Roi Sorcier par Martha Wells

Roi Sorcier de Martha Wells
Kaiisteron, prince démon incarné parmi les humains, et son amie Ziede, sorcière de son état, se réveillent inhumés dans un …
Ameimse a publié une critique de Les Champs de la Lune par Catherine Dufour
Au clair de la Terre
5 étoiles
"Les champs de la Lune" est un superbe roman de science-fiction. L'autrice maîtrise parfaitement une narration qui entraîne ses lecteurices dans des registres très différents pour ainsi investir une large palette d'émotions, de la douceur émerveillée que font naître les immersions non anthropocentrées explorant cette vie lunaire que la narratrice s'efforce de faire se développer malgré tout, au registre du thriller d'une dureté teintée d'amertume en se confrontant à ces paysages lunaires qui n'en restent pas moins létaux. En filigrane, c'est une réflexion sur le vivant et le sensible au sens large, sur les formes qu'ils peuvent prendre et sur la place de l'humanité au milieu de tout cela qui s'esquisse, tandis que l'histoire se déploie au clair d'un croissant de Terre qui, dans le ciel, rappelle à qui lève la tête ce que les êtres humains ont fait à leur planète d'origine. Un roman de science-fiction qui ne laisse …
"Les champs de la Lune" est un superbe roman de science-fiction. L'autrice maîtrise parfaitement une narration qui entraîne ses lecteurices dans des registres très différents pour ainsi investir une large palette d'émotions, de la douceur émerveillée que font naître les immersions non anthropocentrées explorant cette vie lunaire que la narratrice s'efforce de faire se développer malgré tout, au registre du thriller d'une dureté teintée d'amertume en se confrontant à ces paysages lunaires qui n'en restent pas moins létaux. En filigrane, c'est une réflexion sur le vivant et le sensible au sens large, sur les formes qu'ils peuvent prendre et sur la place de l'humanité au milieu de tout cela qui s'esquisse, tandis que l'histoire se déploie au clair d'un croissant de Terre qui, dans le ciel, rappelle à qui lève la tête ce que les êtres humains ont fait à leur planète d'origine. Un roman de science-fiction qui ne laisse pas indifférent. Un joli coup de coeur (avec une couverture magnifique).

Nicolas Fressengeas a cité Bikepunk par Ploum
Nous croyions échanger entre humains, mais nous ne faisions qu'envoyer nos correspondances à es algorithmes automatiques qui les agrégeaient pour ensuite produire du contenu idéal, affichant sur nos écrans les messages ayant la plus grande probabilité d'accroître notre consommation.
Incapables de communiquer sans algorithmes interposés, les humains étaient prisonniers, condamnés à l'abrutissement solitaire.
Une minorité s'en rendit compte et décida de lutter. Ses membres tentèrent, pour la millième fois de l'histoire, de réinventer la communication entre humains, de nous avertir.
Personne ne les entendit. Personne ne les remarqua. Leurs messages n'avaient, après tout, qu'une trop faible probabilité d'augmenter notre consommation.
Ameimse a cité Les Champs de la Lune par Catherine Dufour
« Je me suis arrêtée au bas du mur pour laisser passer le tremblement de la marée thermique. J’ai vu le Soleil envahir la mer des Îles. Il a dispersé le bleu de Terre comme on sèche une buée, et tiré une ombre nette de chaque rocher, de chaque caillou, de chaque grain de poussière. Comme il montait toujours en frappant cent mille facettes minérales, la mer des Îles a pétillé d’un bord à l’autre de l’horizon. Puis le Soleil s’est hissé tout entier dans l’obscurité du ciel, écrasant le paysage sous sa blancheur parfaite. J’ai déployé une voile d’or pour réfléchir la chaleur et je suis retournée vers le dôme de la ferme à grandes foulées. Mes pas levaient des cercles de gravillons qui retombaient en cascade autour de mes bottes dans le silence absolu. »